mardi 17 septembre 2013

Quand les étapes de galère se succèdent

D'abord une réponse de Marie Hélène à ma question : Comment appelle-t-on les pèlerins vers Jérusalem ?
"Les Paumiers" signifiant qu’ils ramenaient des branches de palmiers de Jéricho
Merci Marie Hélène.

Je reviens à mon sujet du jour :

Au programme de mon planning du samedi 14 Septembre étape Zrèce / Smartno na Pohorju 22 km.

La veille au soir sur invitation de Tine et Marina une dame était venue me chercher pour me conduire avec Martin X?X? à l'église Saint Martin de Zlakova sur les hauteurs de Zrèce. Au passage, ils ont récupéré la clef dans une ferme proche de cette église perchée sur la colline.

Le lendemain matin je n'avais pas lieu de retourner vers cet endroit d'autant que la montée était plus rude !

Sortant de la salle de l’hôtel/restaurant ou je venais de prendre mon petit déjeuner, un monsieur au comptoir me dit "bonjour". Vous êtes français lui dis-je. Non, je suis originaire de Lausanne et j'habite ici. Et un long dialogue s'instaure entre nous. Il est passionné par mon histoire qu'il traduit en slovène au patron de cet hôtel / restaurant. Et voilà comment on "perd" 1 heure de marche ! Mais moi je considère qu'il est important de faire connaitre le chemin, votre chemin amis slovènes. On consulte d'ailleurs attentivement le 1er livret-guide du chemin que j'ai en main. Je sors toutes mes cartes postales des chemins de saint Martin. Bref je fais de la communication! Et le patron de cet établissement,  à qui j'ai demandé la note me la présente : 35 euros pour la 1/2 pension. C'est correct. Je lui donne cette somme et du coup il me rend 5 euros. Il a compris qu'il pouvait avoir d'autres pèlerins sur mes recommandations de sa maison !

Je quitte enfin ce monsieur qui parle français et nous échangeons nos coordonnées. Il accepte d'être si nécessaire un correspondant du chemin. Voilà pour cette petite histoire. Mais avec tout cela je n'ai pas beaucoup avancé sur l'étape du jour.

Au sortir de cet établissement, je recherche mon orientation pour couper au plus court et rejoindre le chemin au niveau d' Oplotnica. Je sors de la ville de Zrèce et décide de faire du stop. Un monsieur a la gentillesse de s'arrêter et de me conduire à hauteur de Gorica, quelques km avant Oplotnica. Je retrouve alors le chemin et rattrape ainsi mon retard.
A la sortie d'Oplotnica les difficultés commencent. Je n'arrive pas à repérer mon chemin. A travers champ je commence à gravir quelques bonnes pentes! Un artisan qui arrête sa raboteuse va même jusqu'à sortir de son atelier et m'accompagne pour me donner la bonne direction. Je passe même au travers d'un vignoble. Enfin, je retrouve ma route mais pas pour longtemps et arrive au village de Kebelj. Mais je me rends compte que j'accumule encore du retard pour arriver à une heure raisonnable à Smartno na Pohorju. Il faut agir. A la sortie de Kebelj je me mets sur la bonne route et de nouveau je fais du stop. Peu de voitures passent. Enfin, en voilà une qui s'arrête. J'essaie de me faire comprendre au mieux en montrant sur mon livre jusqu’où je désire aller. Me voilà donc embarquer. La voiture s'arrête à l'endroit souhaité. J'en descends. On m'ouvre le coffre afin que je puisse reprendre mon sac. Mais il y a chez ce couple en voiture de l'hésitation sur cet arrêt. Je finis par comprendre qu'ils veulent me déposer plus loin sur un lieu ou passe le chemin et où il se rendent. Je remonte dans la voiture et me laisse guider. Sur mon GPS, je constate que l'on s'éloigne sérieusement du chemin. J'ai des inquiétudes. En fait, ils ont fait un grand détour parce que il n'y avait pour eux pas d'autres possibilités, pas d'autres routes pour rejoindre leur destination. Mon chemin était plus direct par la forêt.
Enfin on me libère ! J'étais arrivé à l'altitude 1181 mètres, là ou l'on trouve une église ancienne, un hôtel de luxe et les remontées mécaniques de la station de ski : Trije Kralji

Dans ma préparation des étapes, j'avais fait attention au dénivelés de la région Rhône / Alpes et celles de la Via Francigéna (Aoste/Pavia) mais j'avais omis ceux de la Slovénie. En fait, pour cette étape de 22 km il faut en réalité en faire 2.
Pour ce matin je vais en rester là. Il est en effet temps de me préparer car Uros va venir me chercher et m'accompagner durant cette étape de 15 km entre Ptujska Gora et Ptuj.
Uros (son prénom) est un monsieur qui travaille à la mise en place du chemin slovène.

La suite de l'aventure vous la découvrirez dans une prochaine édition. En effet, la galère n'est pas terminée et vous verrez comment on arrive à l'étape à 19h45 ! alors c'est le crépuscule ! Ultreïa !