dimanche 25 août 2013

Vouloir visiter à tout prix une église saint Martin cela peut engendrer une belle histoire

Rappelez vous : dans mon message du vendredi 23 Août je me réjouissais de visiter l'église saint Martin de Diemoz. C'était l'info que m'avait donné l'office de tourisme d'Aoste. Erreur. Cette église n'était pas dédiée à saint Martin mais à santa Lucia. Cette dernière est une des 2 églises de la paroisse saint Martin. L'autre est effectivement dédiée à saint Martin mais il faut aller la chercher hors du chemin à plus de 1000 mètres d'altitude plus exactement à Verrayes.
Santa Lucia (Village de Diemoz) est à moins de 600 mètres d'altitude.

A Diemoz, une dame vient vers l'église. Elle parle le français. Je lui explique d'où je viens et ce que je fais. Je lui présente même mes cartes postales du chemin . Elle s'intéresse vraiment puis je finis par lui demander qui aurait la clef de cette église santa Lucia. Pourtant dans cette vallée d'Aoste de nombreuses églises sont souvent ouvertes.
C'est le père Lombard qui a la clef me dit-elle. Il n'habite pas ici mais à Verrayes. Il faut 1/4 d'heure en voiture pour monter là haut. Cette brave dame est en effet en voiture. J'espérais qu'elle allait me proposer de me conduire là-haut après son intérêt pour Martin. Mais non.
Mais voilà qu'arrive à pas cadencés dans cette montée vers Santa Lucia un pèlerin ou plutôt une jeune pèlerine. Elle s'arrête près de nous. Elle parle français avec un accent qui lui va bien. Elle est jeune d'allure sportive et plutôt jolie. La dame lui dit  : vous voyagez seule, ce n'est pas prudent. On voit tellement de choses aujourd'hui !
Je fais rapidement connaissance de Viktoria. Elle est allemande, elle a 30 ans. Je me présente et lui dit mes motivations.  Elle, ce qui l'intéresse c'est d'obtenir en passant dans ce village, le tampon de la paroisse. Moi, c'est de visiter l'église même si elle n'est pas saint Martin.
 La brave dame finit par nous dire : essayez donc de sonner à la maison près de l'église, il y a un véhicule. Peut être vous ouvrira-t-on l'église ? Et pourquoi pas. Essayons. La dame s'en va et en compagnie de Viktoria nous allons sonné. Un monsieur avec une barbe assez longue nous ouvre. Il a la cinquantaine (on saura plus tard qu'il a 49 ans). Viktoria parle l'allemand, l'anglais, le russe puis elle décrypte assez bien l'italien de Lino. C'est son prénom. Lino tire son téléphone portable et appelle le père Lombard qui lui autorise alors à nous ouvrir l'église Santa Lucia. Par la même occasion, il lui demande si l'église de Verrayes est ouverte. Nous visitons d'abord santa Lucia et Lino nous propose de nous conduire à saint Martin de Verrayes. C'est génial !
Nous déposons nos sacs à l'arrière du fourgon type "jumper" et nous nous installons à l'avant de cet utilitaire 3 places. La route est sinueuse.
Au cours de la montée, Lino nous dit nous venons de croiser le père Lombard. Il va déjeuner chez sa sœur. Nous ne le verrons donc pas mais l'église est ouverte.
Mais alors comment allons avoir le tampon ?
Bref, nous arrivons là-haut. Le GPS indique altitude 1020 . En descendant du véhicule je découvre que la mairie est près de l'église et j'ai souvent cette réaction spontanée : d'aller voir si les mairies sont ouvertes. Ici elle l'est. Lino nous accompagne. Il n'est pas très loin de midi et donc première chose à faire obtenir le tampon. La secrétaire parle un peu le français . Je lui explique nos démarches respectives : Via Francigena pour Viktoria et Via sancti Martini pour moi. Viktoria est étonnée, enthousiasmée et ravie de ma méthode de procéder dans mes contacts. Un vrai savoir faire me dit-elle. Bref, nous avons le tampon. Nous nous dirigeons enfin vers l'église pendant que Lino se dirige au café-bar ou il nous attendra.

Le plus remarquable dans cette église c'est le portail. Voyez les photos. Je découvre que Viktoria connait bien la vie de Martin. Pour preuve, elle décrypte parfaitement les 4 scènes présentes sur ce portail. Je suis surpris de sa connaissance. En Allemagne, à l'école, on apprend la vie de Martin me dit-elle. Je lui réponds qu'en France ma génération connait l'histoire du manteau partagé mais c'est souvent le seul élément qui est retenu de la vie de Martin.
La visite terminée nous retrouvons Lino au bar. Il déguste une bière. Nous faisons de même et c'est  l'occasion d'un vrai moment de convivialité avec échange de nos adresses. Lino n'a pas internet. Je lui promets qu'à mon retour je ferai tirer les photos et que je lui enverrai. Je veux payer la tournée. Il s'y oppose vigoureusement. Merci brave Lino. C'était extraordinaire cette rencontre. Viva Lino ! Ultreïa & sus eïa !

Savoir prendre son temps sur le chemin. Aller à la rencontre. Telle est ma devise. Si non on perd l'essentiel.

A plus tard si connexion internet wifi